LA COOPERATION ECONOMIQUE


Parallèlement à ces contacts permanents au niveau politique des rencontres fréquentes et soutenues sont organisées entre les décideurs socio-économiques des secteurs privé et public dans les deux pays. Ces rencontres avec le MEDEF, la Chambre de Commerce Franco-Arabe ou les Chambres de Commerce et d'Industrie ont joué un rôle important dans l'enracinement et le développement de ces relations en leur donnant une assise économique concrète et durable dans l'intérêt des peuples émirien et français.
 
Depuis le premier accord de coopération culturel et technique qui coïncide avec la première visite en France en 1975 du Président des Emirats Arabes Unis, S. A Cheikh Zayed Bin Sultan Al Nahyan, de nombreuses conventions et protocoles d'accord ont été signés confirmant ainsi l'importance accordée par les autorités des deux pays au développement de leurs échanges bilatéraux. Couronnées en 1995 par un accord de défense, leurs relations revêtent désormais un caractère éminemment politique et stratégique.
 
De ce fait, la France est devenue le principal partenaire stratégique des Emirats Arabes Unis en Europe et vice versa. Premier marché économique pour les entreprises françaises, les E.A.U. sont également l'allié privilégié de la France au Moyen Orient et dans le Golfe arabique. Ces relations sont d'une telle qualité qu'elles peuvent être érigées comme modèle et un exemple à suivre dans les relations qui devraient être instaurées entre le monde arabe et l'Europe.

Quantitativement et qualitativement, la présence française aux E.A.U est la plus importante de toute la région autant par le nombre des sociétés françaises que par celui des résidents français. On dénombre dans le pays plus de deux cents (200) sociétés françaises qui couvrent tous les secteurs et toutes les activités. A ces sociétés s'ajoutent une cinquantaine créée sur place en nom propre par les Français.

Il en est de même pour les résidents français dont l'effectif augmente régulièrement. La communauté française dans le pays dépasse à l'heure actuelle le cap de 6000 résidents. Quant au tourisme français, il connaît un essor sans précédent en raison des nombreuses facilités accordées aux français qui jouissent avec d'autres nationalités de l'exemption de l'obligation de visa d'entrée. Il en est de même de la France qui est devenue une des destinations préférées des étudiants, des touristes et des investisseurs émiriens.
 
Ces chiffres ne sont pas statiques. Ils s'accroissent annuellement de 10% environ. Car les perspectives offertes aux échanges entre les deux pays sont hautement prometteuses. L'Etat des Emirats Arabes Unis a plusieurs atouts exceptionnels qui lui sont propres. Il jouit d'une position géostratégique exceptionnelle, d'une stabilité politique enviable dans une région réputée instable, d'un environnement légal et fiscal attractif pour les investissements et partant d'une perspective économique radieuse.

Cette politique de stimulation s'est traduite dans les faits par la suppression du visa d'entrée pour les ressortissants français, la non imposition des bénéfices, la liberté de leur transfert, l'adoption d'une législation fédérale sur la propriété intellectuelle et industrielle ainsi que l'adhésion des Emirats à la Convention de Paris. Loin d'être exhaustives, ces mesures sont autant de facteurs incitatifs qui s'appuient sur des réseaux d'Internet, de transports, de communications et de télécommunications des plus modernes au monde.
 
Il est important de souligner à ce propos la signature par les deux pays de plusieurs conventions visant à encourager et à faciliter leurs échanges en supprimant tous les obstacles et les entraves qui pourraient les gêner éventuellement. 
 
Parmi celles-ci, citons particulièrement la convention pour la protection réciproque des investissements, la convention en vue d'éviter la double imposition sur le revenu des individus et des sociétés, la convention relative à l'entraide judiciaire, la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière civile et commerciale, l'accord de coopération dans le domaine du transport et des services aériens etc. 
 
Tous ces éléments sont de nature à encourager les sociétés françaises à investir dans le cadre de projets communs avec les sociétés émiriennes afin de gagner une part de marché qui corresponde davantage au niveau des relations politiques privilégiées existantes.
  
Cependant, le renforcement de la position de la France sur le marché émirien qui offre des opportunités d'affaires inégalables et partant très concurrentiel ne va pas de soi. Il dépendra en grande partie de la capacité des
entreprises françaises à s'affirmer et à investir sur place.

La politique de privatisation suivie par le gouvernement des Emirats dans certains secteurs vitaux tels que l'électricité, les installations industrielles et autres, ainsi que le programme offset qui repose sur le principe de l'investissement par les sociétés d'armement de 60% du montant de leurs contrats obtenus dans les Emirats, constituent une opportunité supplémentaire à saisir par les sociétés françaises afin d'investir dans de nombreux secteurs très rentables.
  
D'autre part, il convient d'agir avec toutes les autorités concernées en France, et en particulier avec la Chambre de Commerce Franco-Arabe, afin de promouvoir les produits émiriens sur le marché français et inciter en même temps les petites et moyennes entreprises françaises à investir aux Emirats dans des projets de partenariat concernant notamment l'agriculture, l'industrie et les services. Il est de la responsabilité commune des deux parties française et émirienne d'oeuvrer dans ce sens dans l'intérêt des deux pays.