Le Président
S.A. Cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyan, gouverneur d'Abu Dhabi, a été élu conformément à la constitution fédérale, comme nouveau Président des Emirats arabes unis, le 3 Novembre 2004, pour succéder à son père, le regretté Cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyan, Président des EAU de 1971 à 2004.
Le Président de l’Etat a été formé dans la meilleure des écoles, celle de son père. Il en a hérité toutes les qualités indispensables pour être un grand leader à l’image de son père, son prédécesseur, dont il a  appris, dit-il,  « la nécessité de la patience et de la prudence en toutes choses ».
 
S. A. Cheikh Khalifa  avait un rendez-vous précoce avec les responsabi-lités de la direction du pays  à travers plusieurs décennies de travail sans relâche en étroite collaboration avec son père, Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan.
 
Né à l’oasis-ville d'Al Ain, à l'intérieur du pays,    en 1948, S. A. Cheikh Khalifa a fait ses études à l'école locale.  Lorsque  son père est devenu le  18 septembre 1966, gouverneur d'Abu Dhabi, Cheikh Khalifa a été nommé représentant du Souverain dans la région Est d'Abu Dhabi et puis chef du Département des tribunaux à Al Ain.
Le 1er février 1969, S. A. Cheikh Khalifa a été désigné comme prince héritier d'Abu Dhabi. Le lendemain, le 2 février 1969,  il a été nommé comme chef du Département de la défense d'Abu Dhabi, dans lequel il a supervisé l’édification d'Abu Dhabi Defense Force (ADDF), qui deviendra plus tard le noyau des Forces armées des E.A.U.
Le 1er Juillet 1971, dans le cadre de la restructuration du gouvernement de l'émirat, Cheikh Khalifa a été nommé Premier ministre d'Abu Dhabi et Ministre de la Défense et des Finances. Le 23 Décembre 1973,  il a assumé le poste de Vice-premier ministre dans le second Cabinet fédéral des E.A.U.
 
Peu de temps après, lorsque le Cabinet des Emirat d'Abu Dhabi a été dissous, dans le cadre du processus de renforcement des institutions de la Fédération des EAU, Cheikh Khalifa a été nommé, le 20 Janvier 1974,  en tant que premier président du Conseil exécutif d'Abu Dhabi qui remplace le Cabinet de l'émirat.
Sous sa direction, et conformément  à ses instructions, le Conseil exécutif a supervisé la réalisation d'un programme de développement de grande envergure à Abu Dhabi : construction de logements, approvisionnement en eau,  routes, infrastructures et d'autres services essentiels qui ont conduit à l'émergence de la ville moderne d'Abu Dhabi telle   qu'elle est aujourd'hui.
 
Dans son poste de chef du gouvernement local, il consacrait une importance particulière aux citoyens. Il veillait personnellement à ce qu’ils puissent bénéficier de la richesse croissante du pays. Pour ce faire, il a créé  en 1981 le Département d'Abu Dhabi des Services sociaux, chargé de l'octroi de prêts à des citoyens pour la construction de leurs logements.
 
Toujours dans le même but, il a créé des  départements, populairement connus comme le «Comité Khalifa», ou encore la décision prise par Son Altesse en 1979 pour alléger le fardeau du remboursement des prêts accordés par les banques commerciales aux citoyens.
 
 Une nouvelle étape pour s'assurer que les citoyens ont pu construire les propriétés dont ils avaient besoin, aussi bien pour leurs habitations et leurs  résidences qu’à des fins d'investissements commerciaux ou industriels, est venue  plus tard avec la création par  ses propres soins de l'Organisme de Prêts Privés, au début de 1991.
 En tant que prince héritier, S.A. Cheikh Khalifa  s’est également impliqué personnellement dans d'autres domaines de développement du pays. En mai 1976, suite à l'unification des forces armées des Emirats, il a été nommé adjoint au Commandant suprême des Forces armées des EAU. À ce titre, il a consacré beaucoup d'attention à l'édification de la capacité défensive du pays, grâce à la création de nombreuses institutions de formation  et d'entraînement militaires,  et grâce à l'achat d'un équipement de pointe dans ce secteur.

En outre, il  a tenu d'autres postes de haut niveau dans le gouvernement d'Abu Dhabi. Depuis la fin des années 1980, par exemple, il a été Président du Conseil suprême du pétrole, responsable de la supervision du pétrole du gaz en amont et en aval d'Abu Dhabi. Il a aussi activement encouragé la diversification de l'économie du pays pour qu’il ne soit complètement dépendant de ses réserves non renouvelables d'hydrocarbures.

Il a également présidé  d’autres organismes financiers économiques ou écologiques  tels qu’Abu Dhabi Investment Council (qui a remplacé Abu Dhabi Investment Authority (ADIA) à la mi-2006 et gère les investissements et les réserves financières de l'émirat) ou l'Agence de l'Environnement d’Abu Dhabi (EAD) ou encore le Fonds d'Abou Dhabi pour le Développement (FADD), qui supervise  le programme des aides internationales accordées par le pays.

Devenu Président des EAU, Cheikh Khalifa a mené une restructuration majeure du gouvernement fédéral et du gouvernement de l'émirat d'Abu Dhabi. La nomination d'un nouveau cabinet en Février 2006, avec le Vice-président et gouverneur de Dubaï S. A. Cheikh Mohammed ben Rashid Al Maktoum en tant que Premier ministre, a vu des changements majeurs dans les portefeuilles avec, notamment, la création de nouveaux Ministères consacrés à la rationalisation et la modernisation de la gouvernance, un nouvel accent est mis sur le développement communautaire et, à travers le nouveau Ministère des Affaires du Conseil national fédéral (FNC), une étape importante est entamée vers la réforme du processus politique avec l'introduction d'élections indirectes pour la moitié des membres du FNC.
 
Dans son message à la nation à l'occasion de la Journée nationale des Émirats arabes unis le 2 Décembre 2005, Le Président a tenu à préciser cette nouvelle orientation en disant : « Les années qui nous attendent exigent un rôle accru du Conseil national fédéral. Pour ce faire, Il a besoin d’être doté de pouvoirs nécessaires lui permettant  d’être une autorité en mesure de fournir des conseils et une aide précieuse au pouvoir exécutif qu’incarne le gouvernement fédéral. Nous allons travailler pour rendre le Conseil plus capable, plus efficace et plus sensible aux questions touchant la nation et le peuple ».
 
« Cela sera fait en assurant un processus plus participatif par le renforcement de  la politique consultative de la "Shura". Egalement nous avons décidé d’entamer un processus  progressif et organisé pour  activer le rôle de la FNC en élisant la moitié de ses membres par des conseils dans chaque émirat, tandis que l’autre  moitié sera nommée ».
« De cette manière, nous avons déclenché un dynamisme qui aboutira à une participation sans cesse croissante de tous les citoyens du pays et à une interaction entre le gouvernement et le peuple. . . Aujourd'hui, nous sommes au  seuil d'une ère nouvelle, dont l'objectif ultime est de consolider l'Etat de droit, la responsabilisation, la transparence et l'égalité des chances ».
 
S.A. Cheikh Khalifa a également entrepris de nombreuses tournées à travers les Emirats Arabes Unis pour étudier  de près les besoins des Emirats du Nord, au cours desquelles, il a donné des instructions pour la réalisation d'un certain nombre de projets liés au logement, à l'éducation et aux services sociaux.
 
Parallèlement, aux efforts déployés sur le plan fédéral,  S.A. Cheikh Khalifa a supervisé des changements draconiens au niveau du gouvernement d'Abu Dhabi, où une attention particulière a été accordée à deux aspects essentiels : l’amélioration de l’efficacité et du coût des services publics et l'ouverture d'une grande partie de l'économie à l'investissement privé direct et au partenariat public-privé.
 
« Pendant les premières années de la Fédération, dit-il, il était juste et approprié que le gouvernement joue le rôle principal, mais maintenant, avec un secteur privé naissant et une population bien éduquée, le moment est venu pour le gouvernement, à la fois local et fédéral, de prendre du recul en se concentrant sur les domaines essentiels de la responsabilité gouvernementale ».
 
«La restructuration du gouvernement, précise-il, ne peut être efficace que si le peuple des Emirats Arabes Unis  contribue efficacement à cette tâche. Pour y arriver, nous avons commencé à préparer la nouvelle ère en promulguant de nouvelles  législations et de nouvelles mesures réglementaires dans tous les domaines.
Dans son message  à l’occasion de la Journée nationale au mois de décembre 2005, il déclaré : «Il s'agit d’agir sérieusement pour redresser la situation, mettre fin à des actes répréhensibles et améliorer la production et la qualité des services ».
 
« Il est grand temps, a-t-il poursuivi, pour notre politique religieuse, culturelle et  pour notre politique d'information, d'éducation et  aux institutions de la société civile de  prendre leurs responsabilités pour instiller dans notre société les valeurs de l'amour du travail et changer les perceptions négatives du travail professionnel. Il est grand temps de faire comprendre aux citoyens le vrai sens du travail. Cela signifie grosso modo que la responsabilité doit refléter les valeurs humaines, civiles et religieuses ».
 
« Ces institutions ont également besoin de travailler dur pour diversifier les compétences des ressources humaines nationales, élever la productivité, encourager l'investissement dans le développement des ressources humaines, améliorer le travail bénévole et sensibiliser à cette noble tâche les individus et la société en général ».
 
Tout en soulignant la nécessité d'une restructuration nationale, non seulement en termes de gouvernement, mais aussi dans la façon dont les Emiratis considèrent leurs devoirs envers la société, le Président  de l’Etat a, en même temps, a assuré que le pays  continuera à poursuivre une politique étrangère active.
 
S.A. Cheikh Khalifa  demeure un fervent partisan du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) qui regroupe six Etats. Il estime que le succès et les réalisations de cet organisme reflètent la profondeur de la compréhension de ses dirigeants.
 
Ce soutien a été réaffirmé lors de la conférence de 2005 au sommet du CCG, qui s'est tenue à Abu Dhabi, et ce, après avoir échangé de nombreuses visites avec les dirigeants des autres États du CCG.
 
Ces visites étaient autant d’occasions pour examiner avec ses homologues  les diverses manières dont les pays du CCG peuvent continuer à se développer et pour aborder  avec eux d'autres questions d'importance régionale et internationale.
 
Une de ces principales questions, a été, bien sûr, la persistance des troubles en Irak. En effet, le Président de l’Etat  poursuit une politique cohérente de soutien  infaillible aux  efforts déployés par les représentants élus de l'Irak afin de rétablir la paix et la stabilité. Cette assistance ne se limite pas à l’action  diplomatique. Elle se traduit dans les actes  à travers un large éventail d'aides à la reconstruction de l'Irak  et à son économie dévastée.
 
Dans le même temps, Le Président a constamment exhorté les différentes communautés en Irak, pour qu’elles travaillent ensemble en vue d’assurer un meilleur  avenir  au peuple irakien tout en favorisant l'unité des deux pays et leurs  peuples frères ainsi que la paix dans la région dans l’intérêt de tous.
 
Une autre question, considérée par S.A. Cheikh Khalifa comme étant d'une importance cruciale, est celle du conflit entre Israël et le peuple palestinien. Comme cela a été le cas depuis la création de la Fédération en 1971, les E.A.U. ont continué à exprimer leur soutien au peuple palestinien, sous l’égide du Président de l’Etat qui a toujours tenu à démontrer son intérêt personnel au sort du peuple palestinien, a mis en œuvre et financé un vaste programme de logements, Cheikh Khalifa City, à Rafah dans la bande de Gaza.
 
Au niveau politique, S.A. Cheikh Khalifa a noté dans un discours prononcé à l'occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien en Novembre 2005 que les E.A.U. demeurent résolument déterminés à travailler pour le rétablissement de la sécurité, la paix et la stabilité dans la région. Les E.A.U. demeurent également un fervent partisan de la coopération économique et du développement entre les pays de la région y compris Israël.
Mais le Président précise que la paix "ne peut être réalisée alors que l'occupation israélienne des territoires palestiniens et arabes se poursuit. Cet objectif ne peut se faire que par le respect des obligations prévues dans  la Feuille de route et l'initiative de paix arabe qui appellent à la justice, à la fin de l'occupation israélienne et à la création d'un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem comme capitale.
 
S. A. Cheikh Khalifa a déclaré: «Nous nous sommes réjouis du retrait militaire israélien de la bande de Gaza, retrait  que nous avons considéré comme une première étape juridique qui doit être suivie par d'autres retraits complets et sérieux de tous les territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967 ».
 
Le Président de l’Etat saisit toutes les occasions pour rappeler son engagement à continuer à établir des relations d’amitié avec d'autres pays à travers le monde.
 
Depuis qu’il est à la tête de l’Etat, il a reçu la visite de plusieurs dirigeants en provenance de pays et de continents divers : France, Europe, Asie, pays arabes etc. Il en est de même pour ses visites à l’extérieur du pays. Il s’est rendu dans plusieurs pays de par le monde. La France a été une de ses premières destinations. Toujours dans cette optique d’ouverture sur le monde extérieur, il  a effectué une tournée dans les Etats d'Asie centrale, avec lesquels il a noué des liens très étroits depuis qu'ils ont émergé après la dissolution de l'Union soviétique.
 
 A l’instar de son père le regretté Cheikh Zayed, le Président est un  grand humaniste avec une vision planétaire de la solidarité entre les hommes et entre tous les pays dans les quatre points cardinaux du globe. Il s'est  toujours avéré être un généreux donateur d'aides d'urgence  à tous les pays sans distinction à travers le monde entier.
Lors des événements dramatiques comme les catastrophes naturelles, il est tout le temps  présent pour répondre immédiatement par l’envoi de l'aide aux sinistrés et aux nécessiteux. C’est le cas, à titre d’exemple, lors des événements tels que le tsunami de 2004  ou le tremblement de terre qui a dévasté une grande partie de la région nord du Pakistan et certaines  régions de l'Inde en automne 2005.  
 
Il a déclaré que ses objectifs clés en tant que Président des Emirats Arabes Unis sera de continuer sur la voie tracée par son père, dont l'héritage, dit-il, « continuera à être le phare qui nous guide vers l'avenir, un avenir prospère et où la sécurité et la stabilité régneront ».